FRANCE, JE T'AIME, MOI NON PLUS



Bonjour cher lecteur,


J'espère que tu te portes bien, que tu as pris la route des vacances, ou que cela ne saurait tarder. J'ai une liste plus longue que ma liste de courses d'articles à écrire sur nos escapades françaises ou bien sur des souvenirs de voyages européens et américains. Mais aujourd'hui, j'ai envie de partager mes états d'âmes. Cela faisait longtemps. Un petit update de ma vie à l'instant T. Car tu as raté pas mal de rebondissements. C'était les montagnes russes : un jour nous repartions au Canada, un jour nous restions en France. Alors, à ton avis, de quel côté a penché la balance ?


L'excès de télétravail, c'est mauvais pour le moral


Passé le stress du renouvellement du visa de Monsieur, un nouveau confinement a été instauré en France fin Octobre 2020. Seulement cette fois, les règles étaient moins strictes que lors du premier qui a surpris le monde entier, et je n'ai quasiment pas ressenti l'isolement, puisque je me rendais tous les jours ou presque sur mon lieu de travail. En revanche, Monsieur a été forcé d'être en 100% télétravail. Il s'est donc retrouvé nez à nez avec le chat dans 58 m2, au début des mois d'hiver. Le manque d'interactions sociales et un épuisement de mon côté nous ont convaincu de lancer ma demande de résidence permanente, puisqu'au vu du cafouillage administratif ambiant, avec un peu de chance, j'aurai une réponse dans 1 an.


Les montagnes russes


Les mois passent et se ressemblent, de restrictions en restrictions avec quelques périodes d'accalmie. Puis en Mars 2021, après nos entretiens annuels respectifs (EIA pour les intimes), où il a été clair que Monsieur ne serait jamais renvoyé à Lyon si le télétravail prenait fin, j'ai demandé à développer ma société à Paris. Cela n'a pas emballé mes boss, car je ne suis pas le profil qu'ils recherchent dans un premier temps. Fair enough. Ni une ni deux, Monsieur envoie une candidature spontanée à Ottawa. Finalement, malgré des entretiens engageants, cela ne donne rien. Soit, nous irons donc à Paris.


Out of the blue, Monsieur reçoit une offre d'emploi pour Toronto. Rebattement des cartes. Entretiens, négociations de salaire. On était prêt à partir, d'autant plus que de mon côté, l'administration canadienne avait passé la seconde et j'étais dans les étapes finales du processus de demande de résidence permanente. Mais la société torontoise fait traîner en longueur l'envoi du contrat pour des histoires de lettres de recommandation. En parallèle, Monsieur obtient une certification qui lui vaut une reconnaissance totale dans sa boîte ainsi qu'une promotion. Paris, it is !



La balance a penché


Dans deux semaines, exactement 2 ans après notre arrivée en France, cette aventure prend un tout nouveau tournant : nous allons vivre à Paris ! Pour être tout à fait honnête, j'accueille cette décision avec beaucoup de soulagement. C'est vraiment mon sentiment principal : je suis soulagée, car nous avons pris une décision pour la prochaine année, car nous ne serons plus entre deux villes comme le cul entre deux chaises, car Monsieur pourra pleinement s'épanouir professionnellement, car je vais pouvoir souffler et prendre le temps de trouver mon Ikigaï. Ensuite vient l'excitation du renouveau, d'une nouvelle aventure, dans une ville que j'aime, proche de ma famille et de mes amis d'enfance, et de toutes ces opportunités encore insoupçonnées. Enfin, vient une pointe de tristesse de quitter mes amis lyonnais - les anciens et les nouveaux -, et un soupçon d'appréhension pour Edgar - on quitte sa maison, on l'emmène dans un premier temps chez mes parents, où d'autres chats règnent, et on risque de vivre dans plus petit qu'avant et sans balcon.


Lyon, adieu et merci


Lyon, tu es belle. Même les étrangers le disent. Tu es pleine de ressources, de petites adresses chouettes, de coins sympas, de festivals hauts en couleur, de gens adorables qui vont terriblement me manquer. La nature est à tes portes, offrant le meilleur terrain de jeu qui soit pour randonner et s'échapper pour skier. Le sud est à proximité et Paris à deux heures de train. Bref, tu étais parfaite sur le papier. Lorsque je me balade au Parc de la Tête d'Or, à Confluence et dans le Vieux-Lyon, je me sens chanceuse d'avoir foulé tes pavés, d'avoir vécu entre tes murs. Je regrette que le Covid nous ai empêché d'en profiter à 200%, de tester tous tes restos, tous tes bouchons, tous tes bars, de visiter tous tes musées.


Mais pour autant, et peut-être pour pleins de raisons qui n'ont rien à voir avec toi - aka le Covid, les confinements et couvre-feux, la mutation de Monsieur à Paris -, je ne me suis jamais sentie tout à fait chez moi. Encore un ressenti inexplicable. C'était un choix, mais partir ne me fait ni chaud ni froid, si ce n'est de quitter mes amis. Quitter Brisbane après deux mois a été plus déchirant, et pourtant, ce n'était pas gagné.


En tout cas, merci Lyon de m'avoir accueillie et de m'avoir laissé ma chance, de m'avoir permis de retrouver des amis perdus de vue et de rencontrer des personnes exceptionnelles. On reviendra assurément en tant que touristes, pour rendre visite à tous ces gens que l'on aime et pour continuer de te découvrir, et qui sait t'apprécier davantage.



France, une seconde chance !


Chère France, que j'ai pensé quitter chaque mois depuis mon arrivée en Août 2019, je te donne aujourd'hui une seconde chance. Depuis deux ans, je te sillonne plus que jamais, je te découvre sous un nouveau jour, sous de nouveaux angles. Je t'explore et te présente à mon canadien de mari, et je peux te le dire franchement : tu es magnifique. Aucun pays au monde n'a une si grande variété de paysages sur un si petit territoire. Tu es fière et tu as raison de l'être. En bref, on n'en a pas encore fini avec toi, il y a tant de coins que l'on souhaite parcourir que cette nouvelle aventure à Paris est la bienvenue pour changer d'air sans s'éloigner de tes contrées, ni de celles de l'Europe toute entière que nous brûlons de visiter. J'avais beaucoup d'appréhension enfouie il y a deux ans en atterrissant. Aujourd'hui, je suis sereine, j'ai grandi, j'ai évolué, j'ai reconquis certains codes. France, be ready for us ! La prochaine année va être intense.


2020 - 2021, les années de la résilience et de la quête de soi


Tout le monde s'accorde à dire que 2020 a été une année épuisante, mentalement, moralement, physiquement même, et qu'il a fallu puisé dans ses ressources intérieures et énergétiques pour continuer d'avancer. Puis, 2021 était attendue avec impatience, comme si d'un coup de baguette magique, tout serait oublié et la vie reprendrait son cours normal. La déception fut grande, certes, mais pour beaucoup, 2020 ayant fait l'effet d'un wake-up call, 2021 a sonné l'heure du passage à l'action pour ceux qui ne l'avait pas déjà fait, et de la concrétisation. Personnellement, ce temps supplémentaire imposé en 2020 lors du premier confinement (dû à un peu de chômage partiel et une absence de trajets) m'a permis de découvrir des podcasts et contenus de développement personnel, et de commencer à cogiter sur ces sujets. Et depuis, je n'ai eu de cesse d'en apprendre davantage, d'ouvrir mon esprit à des pratiques nouvelles, ou de revenir à des choses que j'avais oubliées. Le travail continue, les projets fleurissent dans ma tête, et j'envisage même d'aller plus loin (bilan de compétences, consultation, ...).


Et toi, comment se sont passés ces années ? Quoi de beau pour la suite ?


A bientôt pour de nouvelles aventures !


xoxo