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CHRONIQUE LITTERAIRE : AUTOMNE 2023

un livre ouvert sur un pull de laine

Hello petit rat de bibliothèque,


Cet automne littéraire avait démarré sur les chapeaux de roues, motivé par un challenge pour varier ses lectures auquel j'ai participé pour explorer des genres et des auteurs que je n'aurais pas choisis naturellement. Puis, j'ai découvert "Gilmore Girls" que j'ai binge-watché. Et comme parfois il faut dormir, travailler, ou autre ... mon rythme de lecture a pris la tangente.


Ceci dit, j'ai fait une chronique vidéo concernant les lectures du challenge que je t'invite à découvrir ici: Chronique littéraire du challenge #varionsnoslectures. Et je dois dire que j'ai bien aimé ce format, je risque donc de réitérer. Ces lectures sont indiquées ci-dessous par un astérisque. Et maintenant, voici la chronique littéraire de cet automne. Bonne lecture !


SEPTEMBRE



Premier volet d'une trilogie qui pourrait se suffire à lui-même. Tout un pan de l'Histoire souvent occulté, vu à travers les yeux de l'une des intéressées : une femme blanche enrôlée pour épouser un Cheyenne dans l'espoir apparent de rapprocher les peuples. Mais comme on le sait, cela n'arrêtera pas la conquête de l'Ouest, malgré la signature de divers traités. Un regard immersif sur cette époque et l'esprit colonisateur et destructeur, sur toutes les contradictions d'une société dite "civislisée" confrontée à une logique dite "sauvage" qui fait souvent preuve de plus de bon sens. Triste, révoltant, drôle, instructif.



Une plongée dans l'univers de l'hôpital psychiatrique de Charcot, fin XIXème siècle. Une peinture des préjugés de l'époque et de la condition des femmes dans une société patriarcale de 1880. Relativement bien écrit et plutôt intéressant, ce premier roman m'a un peu laissé sur ma fin. Pas sûre de comprendre l'engouement qu'il a suscité. C'est un bon script de film (il a d'ailleurs été adapté au grand écran et l'autrice vient du monde du cinéma), mais malgré quelques bons passages et quelques bonnes réflexions, je ne crierai pas au génie.



On reste dans la thématique historique avec ce roman qui retrace l'histoire d'une femme iranienne et décrit la montée de l'extrémisme religieux en réponse à une dictature installée menant à la révolution iranienne et à l'instauration de l'état islamique en Iran. L'histoire dans l'Histoire. Une lecture forte qui ne laisse pas de marbre face à la bêtise humaine qui se répète, face à la cruauté, à la détresse qui pousse les plus démunis à se raccrocher à ce qu'ils peuvent et qui les amène à commettre des actions impensables. Les personnages se dévoilent petit à petit, certains gardent leurs secrets, on peut ressentir l'influence de Margaret Atwood dans l'écriture de cette autrice d'origine iranienne et maintenant installée au Canada. Un coup de poing que l'on ne devrait pas ignorer.



Un parallèle s'impose entre la lecture de cette B.D. et le roman précédent, "Aria", bien qu'on ne soit pas dans le(s) même(s) pays : certaines thématiques se rejoignent et cela rend cette lecture encore plus frappante. A elle seule, cette B.D. qui retrace l'histoire vraie d'un enfant blond vivant en Lybie puis en Syrie est déjà une sacrée claque : le graphisme nous immerge dans chaque pays, une couleur à la fois, et accompagne le récit autobiographique cru et brut qui nous laisse parfois pantois - un enfant jonglant entre deux/trois cultures, langues et religions nous retranscrit sans jugement ce qu'il voit et ce qu'il ne comprend pas toujours. Drôle et piquant, on en redemande.



Un cosy-mystery pour approfondir sa culture belge : expressions belges, anecdotes sur Magritte, déambulations à Bruxelles et Charleroi, et enquête surréaliste, on passe un bon moment, même si le dénouement est un peu évident.



Entre poème dramatique, pièce de théâtre fantastique, voire métaphysique et folklore norvégien, "Peer Gynt" pose des questions ouvertes sur le bien et le mal, ce que veut dire être soi-même, la frontière entre la réalité et les illusions, ... tandis que le personnage principal nous entraîne à travers ses péripéties et ses aventures au fil des cinq actes. Si la musique est assez célèbre, je voudrais bien voire son adaptation théâtrale. En tant que lecture, je pense que ce serait assez intéressant de l'étudier. On passe un bon moment et on est amené à réfléchir, mais cela reste tout de même bien étrange et peut laisser perplexe.


OCTOBRE



Une dystopie dans un Londres sous protectorat nazi dans l'après-guerre dont l'issue n'aurait pas été la même. Du pouvoir de la littérature, de la condition des femmes, des régimes et lois absurdes, de l'endoctrinement, et de la résistance qui fleurit malgré tout. Une intrigue qui monte crescendo, mais que certains pourraient juger un peu lente, une fin géniale et frustrante, en bref, un très bon livre, malgré une traduction pas toujours au top du top, qui fait écho à "La Servante écarlate" de Margaret Atwood, dans les thématiques abordées.



Un recueil de cinq nouvelles à mi-chemin entre le fantastique, l'horreur et le thriller psychologique, mais les adeptes du genre et de l'autrice ne seront pas surpris. Entre fantômes et psychopates, le suspense, la terreur et le surnaturel s'entremêlent, nous tenant en haleine jusqu'à la fin de chaque histoire. Une belle plume, des personnages plus ou moins attachants, des nouvelles dont le sujet peut nous toucher plus ou moins, en somme une bonne lecture d'Halloween. Je ne suis pas une grande fan du genre, je n'y reviendrais donc probablement pas de sitôt, mais Mary Higgins Clark est indubitablement une autrice prolifique qui manie la plume, le verbe et le suspense à merveille.



L'énorme déception de cette sélection. J'ai fini ce livre à grand peine et cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé (1 an environ). Ce roman de 1981 d'un auteur français qui se veut à la croisée d'un thriller et de la science-fiction n'a même pas l'excuse de la traduction pour être aussi mauvais - ou avoir très mal vieilli. Le style ne m'a pas plu, bien qu'on puisse saluer quelques tentatives et efforts, l'intrigue ne m'a pas convaincue - j'ai commencé à avoir un petit regain d'intérêt au deux-tiers du livre, c'est un peu long - et les personnages ont fini de m'achever - pour moi, ils étaient mal élaborés et peu crédibles. Outre le fait que cela ait mal vieilli quand on parle d'un ordinateur super-puissant, ce qui m'a dérangé, c'est principalement le traitement des personnages des enfants, supposés être des génies surdoués, mais qui sont en réalité des psycophates aux motivations mal correlées aux événements qu'ils subissent, justifiant ainsi bizarrement leurs crimes. Et enfin, le male gaze que j'ai ressenti en lisant ce livre m'a gênée : très peu de personnages féminins qui sont tout à fait nuls. Bref, oubliez ce livre dont l'exécution n'est pas à la hauteur de la promesse de la 4ème de couverture ni du titre.



Après tous ces livres un peu sombres, un peu durs, ça faisait du bien de prendre une romance sans prise de tête : c'était comme un air de vacances. Un bon moment de rigolade grâce à une maîtrise des comparaisons piquantes, improbables et pourtant si imagées et parlantes. Un humour anglais justement dosé entre l'eau de rose et le piquant, avec Audrey Hepburn en guest star, que demander de plus pour se vider le cerveau après une longue journée de travail ? La suite de la trilogie peut-être !



Cette deuxième B.D. s'inscrit sans surprise dans la même lignée que le premier tome. On suit cette fois le petit héros dans son intégration de l'école en Syrie, et on observe sa famille faire face aux règles toujours plus absurdes, au dénuement, à la pauvreté ambiante, et à l'endoctrinement. Toujours aussi captivant et il reste 4 tomes pour finir la série !



Publié en 1936, ce roman de Kessel est l'un des premiers à mentionner les camps de concentration et la persécution des juifs en Allemagne nazie. Outre cette claque historique, c'est l'histoire de la lente et triste descente aux enfers d'une femme qui a fui son pays et qui prend mauvaise décisions après mauvaise décision pour tenter de survivre, s'enfonçant malgré elle toujours plus loin dans l'alcool et la prostitution. Le tout englobé par la plume poétique et métaphorique de Kessel. Un classique à lire sans modération (prévoyez les mouchoirs tout de même).



J'ai enfin pris le temps de lire ce roman loufoque que ma mère a essayé de me mettre entre les mains maintes fois pendant mon adolescence et que pour des raisons obscures j'avais toujours refusé de lire - comme une intuition que je n'allais pas aimé, que je ne voulais pas me confronter à une histoire triste. Eh bien, mon intuition était peut-être la bonne. Désolée Maman, mais, même si je suis contente de l'avoir lu pour savoir de quoi il retourne, je n'ai pas été transcendée par ce roman à la croisée des genres, voire même parfois dérangée. Fantasy, fantastique, steampunk, voire science-fiction, Boris Vian fait à travers l'histoire de Colin et de ses amis une critique des courants de pensée existentialiste de Sartre et Beauvoir, de l'absurdité du travail, de la toute-puissance de l'argent et peut-être aussi de la justice - vu le nombre de crimes impunis auxquels on assiste. Outre l'amour, l'amitié et les rapports humains, on aborde également les thèmes de la maladie (le cancer ?), du deuil, de la dépression et du suicide. Mais ce qui m'a laissé le plus perplexe, c'est le traitement des femmes dans ce roman : on parle de leur condition et de leur corps, mais j'ai du mal à savoir si cela tient de la dénonciation ou du fantasme.



Découverte de ce penseur français, philosophe et historien des religions, à travers un court texte sur l'Acropole d'Athènes que l'on venait de visiter - une belle mise en abîme donc. Cela se lit d'une traite, et j'en retiens ceci :


"Les dieux passent, tout comme les hommes, il ne serait pas bon qu'ils fussent éternels."


NOVEMBRE



Une petite trouvaille d'aéroport pour découvrir la plume de l'une des reines de la romance selon booktok, booksta et autre booktub. Je n'ai pas été déçue par ce roman malgré l'happy ending téléphonée (c'est la fin qu'on voulait !). J'ai particulièrement apprécié le fait que les personnages principaux soient dans le monde de l'édition, cette ambiance de film de Noël (même si l'intrigue se déroule en plein mois d'août) et les passages un peu olé-olé (oui, de temps en temps, c'est sympa un peu d'épices). Enfin, je trouve que les personnages sont bien élaborés et leur psychologie bien étudiée, ils en deviennent attachants, et les dialogues sont rondement menés et souvent drôles.



Ce tome 2 est bien réussi : on ne sent pas de rupture avec le tome 1, l'intrigue s'affine (ou s'épaissit selon le point de vue), l'univers est bien développé, la dimension politique prend de l'ampleur et les rôles s'inversent - gentils, méchants, le monde est-il si noir et blanc ? Bref, un tome 2 qui sonne le retour à la "réalité" pour les mobilisés, mais quelle réalité ? Pas celle dont ils avaient rêvée. De nouvelles questions sont soulevées et on a hâte au tome 3 pour avoir le fin mot de l'histoire.



On ne présente plus Sylvain Tesson et pourtant c'était là le premier livre que je lisais de lui. Un véritable délice pour les afficionados des traits d'esprit, des métaphores et des double-sens, ainsi que pour les amoureux du verbe et de la langue que Tesson manie à merveille. J'ai été un peu prise de court face aux opinions personnelles et aux critiques acerbes sur notre société et notre époque alors que je m'attendais à un livre contemplatif. Mais n'est-ce pas là en réalité l'essence de la contemplation : la divagation de l'esprit dans un corps immobile ?



Un recueil de textes satiriques, drôles et cinglants que je recommande à tout le monde ! Personne (de NYC) n'est épargné par la plume précise de Fran Lebowitz, et c'est ce qui en fait tout le charme. Une découverte d'un grand nom de la pop culture américaine car elle a notamment été journaliste chroniqueuse pour le magazine Interview d'Andy Warhol et est citée comme modèle de journaliste dans la série Gilmore Girls (oui, on a les références qu'on a).



Et toi, qu'as-tu lu cet automne ? As-tu lu l'un ou l'autre de ces livres ? Donne-moi ton avis et tes recos :)


A+

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