PORTRAIT(S) DE FEMME(S)


Crédits photo : Biohasart 2010

Bonjour tout le monde !

Cela fait un petit bout de temps que je n'ai pas écrit d'articles ! Ce n'est pas faute d'avoir des idées plein la tête, de faire des choses et de vouloir les partager avec vous. Dernièrement, il y a eu beaucoup de changements, j'ai donc été légèrement dépassée par les événements avec une bonne baisse d'énergie et quelques difficultés à mener de front tous mes projets. Mais maintenant, je mange des canneberges enveloppées de chocolat au lait, je bois du jus d'orange avec pulpe, du café aux arômes noisette et vanille, et hop, tous les soucis s'envolent, les projets avancent doucement mais sûrement, et pleins de surprises s'en viennent. Je me suis offert une petite robe noire, un magnifique agenda qui booste mon égo à chaque fois que je l'ouvre, un jean gris comme j'en cherchais, des grandes bottes que je n'étais pas sûre d'assumer, et je vais faire du yoga tous les vendredi matins. Bref, la vie est belle : j'ai eu 25 ans, je n'ai pas encore assez de cheveux blancs pour être obligée de me faire une coloration capillaire, et j'assume tout, même mes lunettes jaunes que mon patron déteste (ok, j'avoue, je ne vais peut-être pas les remettre au boulot !).



Aujourd'hui, j'avais envie de faire un article un peu spécial, avant de parler à nouveau des bons plans de Montréal et des bonnes adresses découvertes dernièrement. J'ai longtemps hésité à faire cet article, car il est très personnel, mais finalement, je considère qu'il a sa place ici.


Je souhaite vous faire le portrait d'une femme très importante à mes yeux, qui a participé inconsciemment au développement de mon goût pour les voyages et à mon désir d'indépendance.


Cette femme, fille de militaire, a passé sept ans de son enfance au Maroc et au Liban, avant de retourner en France dans des villes humides et froides, comparées à la Guyane où sa mère était née. Elle avait le soleil et l'aventure dans le sang bien avant de le découvrir elle-même. Elle détestait le sable, et adorait bronzer à outrance sur les rochers du Dramont qui lui rappelaient ceux de Beyrouth. Elle aimait se baigner les nuits d'orage, danser avec des garçons aux pieds nus et porter des jupes en popeline. Mais elle aimait le swing aussi, et c'est ainsi qu'un jeune homme en jean lui a ravit le coeur. Ou bien est-ce l'inverse et ses propres yeux en amandes si rieurs qui ont conquis le danseur téméraire. Une nouvelle aventure était en marche, qui allait en amener d'autres, et parmi elles, deux têtes blondes et une tête brune. Des années après, de multiples aventures plus tard, d'une traversée de la France en vélo à la rénovation d'une vieille grange en chalet douillet, les voyages à travers le monde ont repris. De la descente du Nil à l'exploration de l'Écosse, elle m'a ramené de nombreux souvenirs, dont beaucoup de poupées. Voir ces innombrables albums photos remplis de paysages tous plus fabuleux les uns que les autres m'a donné envie d'aller les explorer moi aussi. Du haut de son 1m48, elle m'a toujours inculqué qu'il fallait que je fasse des études pour devenir une femme indépendante, tout en me servant une part de tarte aux pommes ou de cake tout juste sortis du four, avant de me chanter la comptine du petit Mamaï pour me dire bonne nuit. Elle nous laissait, ma cousine et moi, nous déguiser avec ses belles robes pour jouer aux princesses et aux duchesses, ou bien aux stylistes dans le salon sur un grand tapis turc, ramené lui aussi d'un voyage. Nous étions entourés de belles choses venus d'ailleurs, de souvenirs de voyages et de moments heureux, et de livres remplis de belles histoires. Elle disait "miel" lorsque quelque chose tombait ou se cassait. Elle m'a appris qu'il fallait être forte et indépendante, elle m'a ouvert les yeux sur les merveilles du monde, elle m'a enseigné l'art de recevoir, elle m'a donné le goût d'écrire des lettres. Bien sûr, elle n'était pas parfaite, personne ne l'est. Elle était aussi parfois très autoritaire et elle se vexait vite si l'on ne donnait pas assez de nouvelles. De cela, j'ai tiré la leçon qu'il fallait dire aux personnes qui nous sont chères qu'on les aime tant que l'on en a encore le temps. Elle avait un long prénom que je porte en troisième position, mais pour moi, elle restera tout simplement Line.


Ce n'est pas un poème comme j'ai pu lui en écrire lorsque j'étais petite, mais c'est un hommage tout de même.


Août 1992

Si j'ai fait ce portrait, c'est aussi pour montrer que les personnes qui vous entourent vous influencent, font de vous la personne que vous êtes par la façon dont vous réagissez à leurs actions, et peuvent être une grande source d'inspiration - consciemment ou non. On apprend toujours quelque chose au contact d'un autre être humain. Que cette personne reste peu ou bien longtemps dans votre vie, elle vous aura appris quelque chose de concret ou bien quelque chose sur vous (oui, je considère que les comportements humains face à une situation ne sont pas concrets comme apprendre comment on peut obtenir un acier damassé par exemple).

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