ERASMUS : ÉTUDIER & VOYAGER


Un semestre de rencontres internationales

Que ce soit avec Erasmus (terme réservé pour les semestres/années d'études à l'étranger en Europe), ou simplement un échange (le terme Erasmus Mundus a fait son apparition pour les échanges qui se font sur d'autres continents mais ce n'est pas systématique), le semestre (ou l'année) à l'étranger est toujours une bonne idée !


Même si vous n'avez pas l'impression de partir loin, de ne pas être assez dépaysé - je suis partie à Turin, c'est la porte à côté, en 1h on est en France ! - l'expérience sera toujours géniale ! Pourquoi ?


1 - Parce que vous êtes à l'étranger !


Eh oui, même si le pays dans lequel vous allez faire votre expérience Erasmus/Echange international est proche de votre pays d'origine (a priori la France ... Mais peut-être que j'aurais des lecteurs d'autres pays ^^), le simple fait de passer une frontière change tout. Souvent, en passant la frontière, vous changez de langue, c'est déjà une grande différence. Un peuple est défini en partie par sa langue, il est donc différent de son voisin. Un français lambda ne sera jamais comme un allemand, ni comme un italien, ni comme un espagnol, ni comme un belge, ... bien que tous ces pays soient frontaliers. La mentalité change d'un pays à l'autre (et même parfois d'une région à l'autre ! vous serez certainement d'accord avec moi pour dire que la mentalité de Paris n'est pas la même que celle de Lille ni que celle de Montpellier !). Le rythme, les coutumes, l'histoire, la langue, toutes ces différences plus ou moins visibles font qu'il existe des différences de mentalité, de moeurs et donc que vous serez confrontés à un plus ou moins léger dépaysement. Soi dit en passant, si vous allez aux Pays-Bas ou en Pologne, ce n'est pas très loin, mais bonjour le dépaysement linguistique ! (en Pologne, ils n'ont même pas l'euro !) Donc ne critiquez pas trop le fait de rester en Europe, vous serez agréablement surpris !


2 - Parce que vous allez rencontrer des gens de tous les horizons !


Ne vous inquiétez pas, les autres continents viendront à vous ! En effet, il y aura toujours dans votre groupe d' "erasmus", des personnes qui viennent d'un autre continent et font donc un échange international (et non un programme erasmus au sens strict du terme). Des mexicains, des américains, des canadiens, des brésiliens, des chinois (ils sont partout !), des turcs, etc etc ... Vous auriez pu partir au Mexique, pour un américain, ça aurait été "presque" (vue la grandeur des pays ...) la porte à côté. Si vous partez en Europe, c'est la porte à côté pour vous, mais pas pour votre ami mexicain ou canadien. Il apportera avec lui sa culture et vous pourrez découvrir en Europe les autres continents, avant d'y aller vous même un jour si ça vous chante.


3 - Parce que vous allez vivre des moments exceptionnels !


Que vous rencontriez des locaux, des français, des mexicains, des norvégiens, des turcs, tous ces gens sont là plus ou moins dans la même optique que vous : en apprendre plus sur la culture du pays dans lequel vous êtes, rencontrer des gens pour se faire des potes des 4 coins du monde, et découvrir le plus de choses possibles (cultures locales et non !). Vous allez parler anglais tout le temps - attention, à moins d'être dans un pays anglophone, cela va vous faire travailler vos acquis mais pas forcément vous aider à améliorer vos compétences, car comme vous, les autres étudiants en échange ne parlent pas forcément un anglais parfait ! mais c'est toujours cool de converser en anglais - , vous allez apprendre quelques expressions (plus ou moins familières) dans d'autres langues - Cazzo ! No mamès wey ! C'est sacoche ! Kurva ! ... et j'en passe - , vous allez apprendre des spécialités culinaires internationales, vous allez voyager avec des gens étrangers dans un pays étranger, vous allez découvrir les différences de mentalité et de vision de la vie et du monde, vous allez écouter des musiques du monde entier - et pas le CD "Musiques du monde" de chez Nature&Découvertes mais les stars locales du moment ou les incontournables -, bref vous allez tisser des liens forts avec des gens que vous n'auriez jamais rencontré dans d'autres circonstances, et du coup vous pourrez planifier des voyages post-échange international pour aller leur rendre visite !


Question études :


Vous aurez une vision différente de votre spécialité, car abordée avec une mentalité différente, et même dans une langue différente. Vous allez découvrir également comment on travaille dans les universités étrangères : gare aux universités qui ont un partenariat avec la votre ou avec votre école, et gare aux cours trop compliqués ou trop spécialisés ! Vous risquez d'être étonnés, donc mieux vaut se renseigner pour être prêt ...


En Italie, pays où le "dolce farniente" semble être un sport local (alerte cliché !), où il y a un taux de chômage incroyable en-dessous de Rome, les étudiants bossent comme des dingues ! Surtout dans les deux meilleures universités, Politecnico di Milano et Politecnico di Torino (et voilà surprise surprise !), et surtout dans certaines spécialités (automobile, informatique, management - en archi ça va, ils sont assez cools). Les profs en demandent généralement beaucoup plus que ce qu'ils abordent en cours, il faut se documenter et acheter des bouquins de son côté pour être sûr de s'en sortir sans problème. Et les écrits sont souvent plus durs, car les profs sont moins transigeants, que les oraux. Une amie était en erasmus à Florence, elle a mieux vécu ses examens que moi, car elle n'a eu que des examens oraux - elle a même eu le droit d'en faire certains par skype (alors que j'ai été obligée de revenir pour un examen oral alors que j'étais déjà en stage à Paris ... et que Polito n'hésite pas à faire revenir des étudiants de Chine ...).


J'ai un ami qui a quant à lui fait un échange international en Australie, il avait pris des cours assez spécialisés en off-shore car ça l'intéressait mais à ses dépends : il s'est rendu compte que les étudiants en master ne venaient pas de se spécialiser mais étudiaient l'off-shore et les technologies corrélées depuis l'équivalent de leur première année de licence, les cours étaient donc ultra spécialisés et impossible à suivre pour lui ! Au Canada, un ami a beau avoir peu d'heures de cours, il doit travailler d'arrache pied de son côté, et passer ses journées à la bibliothèque à l'approche des examens pour décrocher une bonne lettre (A ou B), car pour valider sa maîtrise, il lui faut un certain GPA (note sur 4, déduite des lettres obtenues aux examens). Enfin au Brésil, un ami a eu la "chance" de faire son échange lors du semestre de la Coupe du Monde : les profs ont fait grève et il a donc été assez facile pour lui de valider (il a juste eu à rendre quelques mémoires, que les profs ont certainement valider sans chipoter).


Attention à la fatigue tout de même :


L'air de rien, vous serez sûrement très fatigué au début de votre semestre, et pas seulement à cause des soirées et des sorties, mais aussi car vous allez faire un effort constant pour parler et comprendre une ou plusieurs autre(s) langue(s) dans une même journée. Par exemple, j'étais en Erasmus à Turin, en Italie, et tous mes cours étaient en anglais ! Donc, je parlais, comprenais et écoutais de l'anglais à chaque fois que j'étais en cours ou avec mes amis erasmus, et je parlais, comprenais et entendais l'italien dès que je sortais dans la rue, faire les courses ou autre - et je discutais en français avec mes amis rester en France ou expatriés ailleurs. Votre cerveau fait donc un effort supplémentaire par rapport à d'habitude, mais le jeu en vaut la chandelle !


Les fameuses soirées Erasmus ...


Cela dépend essentiellement de l'endroit où vous allez, des gens que vous rencontrez et de vos envies, mais dans tous les cas, à moins d'être un grand timide, vous sortirez sûrement avec des étrangers et les soirées seront forcément folles par le simple fait d'être ensemble ! Nous faisions beaucoup de soirées à notre résidence, dans nos appart, car c'était simple et on pouvait s'organiser à la dernière minute (il y avait même un supermarché pas cher en face ! le LD), puis nous nous déplacions vers le centre ville et le parco del Valentino, pour aller au Lapsus ou au Fluido par exemple. D'autre part, j'ai rencontré des français qui avaient opté pour faire une colocation dans le sud de Turin, plutôt que d'accepter une place dans les colocs de la résidence spéciale étudiants internationaux (elle s'appelait Sponda Verde), en partie car c'était loin des locaux où ils avaient cours. Du coup, ils étaient en coloc avec des italiens, et nous avons bougé dans Turin ou fait des soirées à leur appart, c'était aussi très sympa. L'université qui vous accueille peut également avoir un super bureau des élèves ou organisme qui s'occupe des soirées et des étudiants étrangers, et organiser de super soirées, dans des bars, des boîtes, des locaux ... Mais ce doit certainement être plus utile au début pour rencontrer des gens. Une fois que vous avez votre bande de potes, finalement, vous aurez surtout envie de sortir avec eux ! Polito organisait quelques évènements mais ce n'a pas été ce qui nous a attiré le plus. En revanche, j'ai vu des photos d'amis en échange à Dublin, qui se retrouvaient souvent en "soirées erasmus". Nous, nous avions nos soirées à Sponda, nos délires. Bref, chacun ses expériences, mais elles sont toutes bonnes, no stress !


Attention à vos compatriotes, dans mon cas les français :


C'est génial d'en trouver, et a priori vous risquez fortement d'en rencontrer, mais le risque c'est de rester seulement entre vous et de parler dans votre langue ... Pas très intéressant lorsque l'on est à l'étranger et que l'on a la possibilité de découvrir pleins de cultures différentes (même si vous vous ferez certainement de très bons amis), et pas très cool si jamais vous êtes en présence d'autres personnes qui ne parlent pas la même langue que vous - une amie polonaise nous faisaient souvent la tête, à raison, lorsque nous conversions en français en sa présence. En revanche, je vous accorde que c'est rassurant de rencontrer quelqu'un de la même nationalité que soi : j'ai moi-même dû attendre 1 semaine et demi avant de rencontrer un français (et de comprendre qu'on était finalement beaucoup de frenchies !), et comme les seules personnes que je connaissais étaient ma coloc (plus précisément ma roommate) chinoise, ma coloc russe-israélienne, des turcs de mon cours d'italien, et quelques italiens de mon cours de management, je me sentais un peu désemparée ... J'étais aux anges lorsque je suis tombée nez à nez avec un groupe d'une dizaine de français ! (évidemment, si je n'étais pas arrivée 2 semaines en retard, ça aurait été complètement différent !).


La colocation avec des gens qui ne sont pas de votre nationalité, parlons-en !


Déjà la coloc, c'est pas toujours simple, mais alors lorsque vous êtes avec une personne qui ne parle pas votre langue, tout se complique. Mais pas de panique, ça peut être génial !


Ce qui complique les choses, c'est déjà la barrière de la langue : il faut communiquer en anglais, et comme vous n'êtes pas forcément un cador en anglais, et que votre coloc non plus, bah parfois il y a quelques quiproquos ou bien il faut prendre plus de temps pour exprimer le message que l'on veut transmettre !


Ensuite il y a les différences de moeurs et d'habitudes de vie et alimentaires : ma coloc chinoise se levait au plus tard à 8h de mat, du lundi au dimanche, se couchait au plus tard à 23h, du lundi au dimanche, passait ses journées libres devant son ordinateur, lavait son linge dans la salle de bain et inondait systématiquement la salle de bain, pensait que laver le sol à l'eau suffisait, ne parlait pas un mot d'italien (alors qu'elle était arrivée en septembre), mangeait son repas du soir à 18h, avait emporter son auto-cuiseur pour le riz, fermait la porte de la chambre à clé pour se changer, ... bref beaucoup de différences qui a valu quelques épisodes comiques ! Comme le jour où elle a oublié de déverrouiller la serrure de notre chambre et qu'elle a laissé la clé dedans et que j'ai dû dormir sur le canapé du salon, ou comme le jour où je suis rentrée tellement tard que je suis allée me coucher au moment où elle se levait. Mais il y a aussi eu le jour où elle m'a fait à manger, et après je lui ai fait une quiche pour la remercier. Je devais en revanche systématiquement faire mes skype dans le salon, il n'y a pas trop d'intimité dans une chambre double, même si elle ne comprenait pas le français ... J'ai eu de la chance qu'elle soit propre tout de même ! J'avais deux autres amies en coloc avec des chinoises (nous étions beaucoup à avoir un(e) coloc chinois(e)) qui étaient assez sales ... La coloc chinoise de mon amie polonaise ne voyait pas l'inconvénient de ne pas ramasser un oeuf qu'elle avait fait tomber sur le sol de la cuisine ... A méditer !


Enfin, le fait d'être en échange est propice à voyager pour partir à la découverte de votre pays d'accueil ...


Oui, vous n'allez pas rester dans la même ville pendant tout le semestre, ce serait vraiment trop dommage ! En général, les cours en université à l'étranger n'occupent pas toute la semaine 8h-18h, 5 jours/7, comme dans les écoles en France (je ne sais pas pour la fac ...). Alors effectivement, comme indiqué ci-dessus, cela implique une part de travail personnel assez importante, mais si on s'organise bien, cela permet aussi de faire son sac régulièrement pour partir à droite, à gauche, un gros week-end au moins !


Et si vous n'avez pas beaucoup d'argent - car vous êtes étudiant -, il y a plusieurs solutions :


pour vous déplacer => le covoit (Blablacar ou si vous vous organisez avec des amis), le stop (à faire à plusieurs quand même, et jamais une fille (ou même deux) fille(s) toute(s) seule(s), c'est plus prudent, surtout dans certains pays/régions), les compagnies low cost (Ryanair pour l'Europe), le train si vous le prévoyez longtemps à l'avance et selon où vous allez.


pour vous loger => le couchsurfing, les auberges de jeunesse, ...


pour vous nourrir => faire à l'avance vos repas (pour un week-end à Rome, nous avions préparé nos quiches et nos salades de pâtes, et emmené des fruits), limiter les restos, demander aux locaux les bonnes adresses pas chères ...


Et pour renflouer les caisses, vous pouvez éventuellement trouver des petits boulots mais honnêtement c'est un peu compliqué car vous aurez plutôt envie de profiter de votre liberté ... Mais vous pouvez toujours mettre des petites annonces type baby-sitter ou professeur de français ! Au Canada, il est possible de travailler dans votre université d'accueil (à voir avec l'université concernée directement).

N'hésitez pas, malgré les éventuelles paperasses administratives, les échanges internationaux / erasmus, ce n'est que du bonheur !!! C'est inoubliable !

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